Appel à contributions

Ce colloque s’inscrit dans le prolongement de réflexions engagées lors de Congrès de l’AISLF, de l’AFEC et de l’EERA. Plusieurs laboratoires, revues et sociétés savantes ont souhaité une réflexion sur les changements qui affectent le monde de la recherche concernant les sciences sociales de l’éducation et les repositionnements qu’ils appellent. Depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, les conjonctures politique et scientifique ont été dominées par un projet de démocratisation qui accompagnait la mise en place d’États-providence : un objectif d’égalité des chances, la mise en place d’une école compréhensive qui rassemble tous les enfants de cinq à quinze ou seize ans, des mesures visant à offrir à tous de meilleures chances d’accès à l’enseignement supérieur, etc. C’est une banalité de constater que ce modèle est en crise mais il est beaucoup plus difficile de caractériser les politiques qui lui succèdent. Diverses orientations apparaissent, qui ne s’organisent pas en projet cohérent : la diversification des principes de justice susceptibles de gouverner l’éducation et en particulier l’équité et la reconnaissance des différences ; l’extension de la logique marchande, le développement des standards et les nouvelles technologies politiques de l’obligation de rendre compte, l’apparition de nouvelles échelles et dynamiques temporelles et spatiales liées à la globalisation, l’émergence d’un espace européen de formation tout au long de la vie, etc. Les termes d’État post-providence, d’école post-compréhensive ne constituent que des pierres d’attente. Ces évolutions appellent la mise au point d’un nouveau cadre conceptuel et méthodologique pour les sciences sociales qui doivent rendre compte du nouvel état du monde : déplacements des cadres d’analyse et reformulations des questions classiques, émergence de questions et problématiques nouvelles ; réflexions sur les différentes échelles de gouvernement et l’internationalisation de l’action publique, etc.

La globalisation tend à rendre légitime des instruments d’évaluation et des rankings qui alignent l’évaluation de la qualité des travaux de recherche et des publications sur des standards extérieurs à la communauté universitaire. Pour se resituer dans le nouveau contexte, les sciences sociales européennes de l’éducation doivent interroger à la fois les conditions de production de la connaissance et leur influence sur l’évolution des politiques d’éducation. Le colloque se propose donc de débattre de trois questions qui constituent autant de facettes du même objet :

• La construction d’un nouveau cadre pour rendre compte d’un nouvel état du monde, caractérisé par une recomposition parallèle des formes de la justice et des formes de l’État dans un contexte de globalisation.

• Le maintien, dans la construction de ce nouveau cadre, d’une exigence théorique et d’une position « critique » (au sens où elle s’efforce de se tenir à distance des discours normatifs et idéologiques) portées par les traditions européennes.

• Le maintien du pluralisme épistémologique et linguistique dans les outils de diffusion et de valorisation.

Le colloque envisagera ces questions à tous les niveaux : enseignement scolaire, enseignement supérieur, formation professionnelle, apprentissage tout au long de la vie, etc.

Appel à contributions et modalités et consignes pour les propositions

L’Europe constituera l’objet central des réflexions et des discussions. Néanmoins, les Associations et les Revues qui participent à la conception du colloque se développent dans des espaces débordant largement le cadre européen : l’ensemble du monde anglophone pour les Associations et les revues de langue anglaise, l’Afrique et l’Amérique du Nord pour la francophonie, l’Amérique Latine pour l’espagnol et le portugais, etc. Le colloque est donc largement ouvert aux participants des espaces francophone, lusophone, hispanophone, etc., qui rencontrent les mêmes questions que leurs collègues européens.

Les propositions de contributions doivent être envoyées à l’adresse de sarah.croche@u-picardie.fr

Elles ne doivent pas dépasser 4000 signes (soit une page, une page et demie) et présenter clairement l’objet de l’intervention (les éléments empiriques, la méthodologie, le cadre de référence, les résultats et la conclusion, la bibliographie, etc.), les informations sur l’auteur (nom, adresse mail, affiliation institutionnelle). Les propositions qui reposent sur des travaux en cours et qui n’ont, au moment de la soumission, pas encore de conclusion finale, sont aussi les bienvenues. Au moment de la soumission, merci d’indiquer également l’atelier dans lequel vous préféreriez présenter votre contribution. Les résumés peuvent être transmis en français ou en anglais.

Des frais d’inscription seront demandés aux participants. Ils comprendront l’accès aux séances plénières et aux ateliers, les documents du colloque, les lunchs et pause-café pour les trois jours, un cocktail. Ils s’élèvent à 200 euros pour une inscription normale et à 100 euros pour les doctorants.

Publications

Le colloque est soutenu par plusieurs revues et responsables de collection. Il débouchera sur plusieurs publications : ouvrages collectifs, dossiers de revues dans différentes langues. Le Comité scientifique et les responsables d’ateliers formuleront des propositions à l’issue du colloque. Les articles de qualité seront publiés.